Gwendoline, ancienne élève prépa CPES, diplômée de l’institut de formation en psychomotricité des Mureaux et en activité depuis juillet 2015, revient sur sa vocation et ses premiers mois d’exercice du métier.

 

"Très récemment, j’ai réussi à détendre un monsieur complètement rétracté, poings fermés et jambes repliées, qui était dans une position typique de vieillesse."

 

 

Comment est née votre vocation pour la psychomotricité ?


A l’origine, je souhaitais suivre des études de kiné. J’ai donc fait des stages chez un kiné et en le voyant pratiquer, j’ai réalisé que l’approche fonctionnelle pure ne me suffisait pas. J’avais besoin du lien entre le corps et l’esprit et c’est précisément le psychomotricien qui travaille sur cette relation. Je me suis donc orientée vers ce métier.


Vous êtes diplômée depuis juin 2015 et vous avez commencé à travailler dès le mois de juillet. Pouvez-vous évoquer en quelques mots les débuts de votre vie professionnelle ?


J’ai trouvé très rapidement du travail au sein d’un EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) où il m’a été confié, dès mon arrivée, la mise en place d’un PASA (pôle d’activité de soins adaptés). C’est un lieu où l’on propose diverses activités thérapeutiques aux personnes qui souffrent de troubles du comportement afin de réduire la prise en charge médicamenteuse.
J’ai monté ce projet en collaboration avec d’autres acteurs du soin. C’était un vrai challenge, très intéressant, qui m’a notamment permis de découvrir les arcanes de l’administration. Je suis vraiment heureuse d’avoir mené ce projet à son terme mais je souhaitais exercer en libéral pour diversifier ma pratique. J’ai donc quitté ce poste à l’EHPAD. Aujourd’hui, je partage mon temps entre une activité libérale et une activité hospitalière.


Pour vous, quel est l’intérêt de pratiquer à la fois en ville et à l’hôpital ?


Le principal intérêt, c’est que suis confrontée à des publics différents qui n’ont pas les mêmes besoins. Les patients que je vois dans mon activité libérale sont principalement des enfants qui ont des troubles de l’apprentissage : troubles de l’écriture, de coordination…A l’hôpital, je ne vois pas le même public d’autant plus que j’exerce en gériatrie. J’y fais un travail d’accompagnement, de maintien de l’autonomie plus que de rééducation.


Pourriez -vous nous faire part d’un événement qui vous a marquée dans votre pratique récemment ?


Oui, très récemment, j’ai réussi à détendre un monsieur complètement rétracté, poings fermés et jambes repliées, qui était dans une position typique de vieillesse.
Par le biais du toucher thérapeutique, de la relaxation, il s’est complètement détendu. Le personnel soignant a constaté les bénéfices de mon intervention…C’est une petite victoire pour la reconnaissance du métier de psychomotricien et pour moi !


D’après vous, quelles sont les qualités indispensables pour exercer le métier de psychomotricien ?


Il faut avoir une très bonne écoute ; verbale et corporelle, une écoute des mots et des maux ! C’est cette double dimension qui permet de faire la bonne analyse et de mettre en place les soins adaptés. Et comme le métier n’est pas encore très connu, il faut aussi savoir se battre pour faire sa place et ne pas baisser les bras face aux résistances.


Enfin, comment avez-vous vécu votre prépa psychomotricité au CPES Rouen et quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui suivent le cursus aujourd’hui ?


Mon année de prépa a été très intense ; préparer un concours demande beaucoup de travail et d’énergie mais les conditions de travail - petit effectif de la classe, disponibilité des professeurs - m’ont beaucoup aidée.
Si j’avais un conseil à donner, ce serait de ne pas s’isoler, de privilégier le travail en petit groupe qui permet de combiner l’utile à l’agréable…C’est plus convivial, plus soutenant et plus efficace.